Un rapport sur l’industrie chinoise de la fourrure (suite)
La variété sans cesse grandissante des
produits de l'industrie de la fourrure chinoise s'étend sur
toute la gamme et comprend : peaux, manteaux complets,
accessoires tels qu'écharpes et capuchons ainsi que
garnitures de vêtements, vêtements combinés, jouets et même
des meubles.
Les propriétaires de boutiques expliquent que les prix dépendent de la forme et de la taille du vêtement ainsi que de la quantité, de l'espèce et de la qualité de la fourrure utilisée. La plupart des commerçants chinois maintiennent que leurs fourrures sont importées de Finlande ou des États-Unis. Ceci reflète la croyance largement répandue selon laquelle la fourrure produite dans le pays n'a pas encore atteint les standards de qualité. La fourrure produite localement est donc intentionnellement étiquetée sous le nom de fabricants étrangers, afin d'en obtenir des prix plus élevés.
Les renards vivants sont vendus de 50 à 75 $US par individu. Cependant, le prix des animaux vivants et des peaux varient d'année en année. Les magasins chinois vendent en général un bon manteau de fourrure entre 3 750 et 5 000 $US, tandis que les meilleurs se vendent jusqu'à 12 500 $US. Les prix au détail et dans les échoppes de marché sont plus bas, variant entre 1 250 et 2 500 $US.
Le nombre effarant d'animaux tués dans et autour des centres de traitement cause d'énormes dégâts environnementaux. D'immenses quantités de sang et d'abats s'accumulent dans ces abattoirs à ciel ouvert. Les produits chimiques des tanneries (dont le chrome) représentent un risque supplémentaire pour la santé et l'environnement. Selon le professeur Cheng Fengxia de l'Université des Sciences et Technologies de Shaanxi, la pollution causée par un traitement inapproprié, spécialement la teinte des fourrures, est devenue un sérieux problème (China Business Weekly, 20 janv. 2004).
Par exemple, au marché de Haining (province de Zhejiang), près de 100 000 fourrures sont vendues chaque jour. Elles sont ensuite traitées, transformées, teintes, découpées et cousues pour correspondre aux tendances de la mode.
La Chine est le premier pays producteur de vêtements de fourrure. En plus de sa propre production, la Chine importe chaque année cinq millions de peaux de vison et 1,5 million de peaux de renard (China Business Weekly, 20 janv. 2004). Cela représente mondialement 40 % des ventes de fourrure à la criée. Beaucoup de ces fourrures sont teintes en Chine dans des couleurs à la mode avant d'être réexportées.
En 2002 et en 2003, 40 % des fourrures de renard produites en Finlande (845 325) furent exportées vers la Chine et Hong Kong. Aussi, 38 % de la production de visons finlandais fut exportée en Chine, soit l'équivalent de 1 633 682 fourrures.
Le secteur mondial de la fourrure
est complexe : les peaux produites par les éleveurs
doivent traverser plusieurs frontières et subir
diverses étapes de traitement avant d'être
acheminées au consommateur
(EFBA/IFTF, 2004:www.efbanet.com/economics.php).
L'IFTF considère la Chine comme étant le plus grand exportateur de fourrures. Elle a augmenté sa production dans des proportions telles que beaucoup de fourrures de renard ne trouvent plus acquéreur dans les criées d’Helsinki ou de Copenhague. Au printemps 2005, les vendeurs chinois y ont remplacé les acheteurs.
Plus de 95 % des vêtements en fourrure sont vendus à l'étranger, notamment en Europe, aux États-Unis, au Japon, en Corée et en Russie, et 80 % des exportations en provenance de Hong Kong sont destinées à l'Europe, aux États-Unis et au Japon. Ces produits incluent la fourrure brute, les vêtements en fourrure et les vêtements en tissu ou en cuir ornés de garnitures en fourrure.
La Chine est également devenue le premier pays exportateur de vêtements de fourrure vers les États-Unis, comptabilisant 40 % du total des importations pour 2004, l'équivalent de 7,9 millions de dollars US (Melbourne Paper, 10 janv. 2005, p. 15 : « Coats selling fast, that’s for sure »). Les statistiques exactes pour l'exportation sont cependant difficiles à établir étant donné que les garnitures en fourrure ne sont pas systématiquement déclarées aux douanes. De plus, les revendeurs peuvent importer des stocks qui seront ensuite réexportés ailleurs.
La plupart des revendeurs sont réticents à divulguer la véritable origine de leurs vêtements afin d'éviter l'image d'une production bon marché et de qualité inférieure. Tout commerçant de mode peut légalement importer des textiles de Chine sans devoir en déclarer leur origine. Et même s'il la mentionne, l'étiquette peut, par exemple, seulement indiquer : « Fabriqué en Italie » ou « Fabriqué en France ». La plupart des revendeurs n'identifient même pas le type de fourrure utilisée pour les garnitures.
Une enquête faite au hasard dans des boutiques et des grands magasins de Suisse et de Londres a révélé des étiquettes « Made in China » parmi des vêtements en fourrure de grandes marques.
Mondialement, l'importance des fourreurs « classiques » dans l'économie a fort diminué durant la dernière dizaine d'années. Dans de nombreux pays, leur contribution au chiffre d'affaires généré par les ventes de vêtements de fourrure est devenue dérisoire. Le rapport de Sandy Parker insiste sur le fait que les fourreurs traditionnels doivent reconnaître qu'une bonne partie de leurs parts de marché sont désormais détenues par des commerçants qui ne vendent pas que de la fourrure. Ainsi, ces deux dernières années, tandis que leur chiffre d'affaires stagnait ou augmentait légèrement, les ventes de fourrure provenant des grands magasins et des boutiques contribuaient à augmenter fortement le volume total. Le déclin des ventes dans les magasins de fourrure traditionnels signifie donc simplement que les clients vont voir ailleurs (Rapport de Sandy Parker, 10 janv. 2005).
