Éditorial

La Protection Suisse des Animaux (PSA) a révélé dans un rapport la face cachée de l'industrie de la fourrure en Asie. Cette dernière est bien plus ignoble que ce que chacun de nous aurait pu imaginer.

Les photos et vidéos jointes au rapport sont d'une dureté inimaginable et ne pourront laisser indifférent n'importe quel être humain.

C'est pourquoi nous vous demandons votre aide pour mettre fin à cette industrie, plus que jamais tachée de sang, le plus rapidement possible.

Je vous invite également à aller tous signer le manifeste contre la fourrure de chiens et de chats lancé par l'AFIPA.

Le webmaster

 
 

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Un rapport sur l’industrie chinoise de la fourrure (suite)


Problèmes comportementaux

Lorsque des individus sont placés dans des lieux artificiels, la complexité et l'étendue de leur environnement physique sont intensément réduits. De plus, les animaux captifs sont contraints de cohabiter et d'interagir avec des humains qui contrôlent tous les aspects de leur vie quotidienne (Carlstead K. 1996 : « Effets de la captivité sur le comportement des animaux sauvages »). Dans la nature, les animaux peuvent contrôler la charge des stimuli à l'aide d'ajustements comportementaux tels que l'approche, l'attaque, la poursuite, l'exploration, l'évitement ou le camouflage. En état de captivité, ces stratégies d'adaptation ne sont plus possibles. Un manque de contrôle et une exposition à une détresse inéluctable sont reconnus comme étant profondément dommageables, et ces agents de stress chroniques sont propres à la captivité.

Le professeur Donald Broom, du département vétérinaire de l'Université de Cambridge, soutient que les anomalies comportementales sont des plus pertinentes pour détecter des problèmes chroniques relatifs au bien-être. Là où elles surviennent, elles sont habituellement associées à l'absence de « ressources » dont l'animal a besoin et à la frustration qui l'accompagne. Ces « ressources » sont : l'accès à plus d'espace, un environnement plus stimulant ou plus paisible, la capacité de manifester certains comportements et la possibilité d'établir des relations avec des partenaires sociaux ou sexuels. Hélas, dans les élevages chinois, les renards, les chiens viverrins, les visons et les lapins sont confinés dans d'étroites cages grillagées.

Les lois suisses stipulent que deux renards doivent disposer au minimum d'un habitat de 30 m² à l'extérieur et de 8 m² d'abri. Un terrain naturel pour creuser, des boîtes pour dormir et des endroits pour se cacher sont obligatoires. Deux visons ont droit à au moins 6 m² et à la possibilité de nager. Pour deux chiens viverrins : 30 m² en extérieur, 8 m² d'abri, un terrain naturel et des places pour se cacher. Selon les recommandations du Comité permanent de la Convention européenne sur la protection des animaux à fourrure dans les élevages (Conseil Européen), la superficie minimale d'une cage de renard est de 0,8 m² (8 000 cm²). Or, en Chine, les plus grandes cages contenant les renards et les chiens viverrins font 90 cm x 70 cm, soit 1/3 de moins en superficie et 14 % de moins en hauteur que les recommandations minimum de l'Union Européenne.

Il est connu que les renards d'élevage souffrent d'une peur extrême (Broom 1998/Wipkema 1994), exacerbée par la proximité des humains, les manipulations répétées et brutales, l'incapacité de se retirer pour s'isoler et la détention aux côtés de nombreux autres renards. Selon les recommandations du Conseil de l'Europe adoptées par le Comité permanent le 22 juin 1999, les renards doivent disposer de nids en permanence ce qui, en plus des cages trop étroites, leur est refusé en Chine.

La peur est la source de stress physiologique, d'infanticides et de comportements pathologiques, connus sous le nom de stéréotypie.

La stéréotypie est un comportement répétitif et constant, ne servant apparemment aucune fonction. Ce comportement est fréquent chez les animaux captifs, particulièrement chez ceux vivant dans des environnements stériles et réduits. Chez les carnivores, cela se traduit par des pas de long en large, des hochements ou des balancements de tête. Ces symptômes ont été largement documentés par les enquêteurs.

Autres troubles fréquents constatés en Chine : apathie (pas de réactions et inactivité extrême), retrait au fond de la cage et automutilations.

En plus de la peur, la monotonie de la séquestration dans des cages et l'absence ou la rareté de relations sexuelles s'ajoutent à toute cette misère.

Les infanticides sont courants dans les élevages de renards. Selon des propriétaires d'élevages chinois, le taux de mortalité moyen des petits avant le sevrage est de 50 %. C'est extrêmement élevé, même pour des renards d'élevage. En Suède, ce taux varie entre 15 % et 30 %, et en Norvège entre 16,8 % et 22 %. En Finlande, en 1990, le magazine Turkistalous estimait ce taux à 30 %.

Pour toutes ces raisons et en l'absence d'informations suffisantes sur le bien-être de ces animaux, les recommandations européennes (adoptées les 12 et 13 déc. 2001) ont amené plusieurs pays européens (dont l'Autriche, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suède) à interdire ou à sévèrement restreindre l'élevage de renards.

L’abattage

Les animaux sont abattus aux abords des marchés de gros, là où les fermiers les apportent pour les vendre et où les grandes sociétés viennent acheter leurs stocks. Pour arriver là, les animaux sont souvent transportés sur de grandes distances et dans d'effroyables conditions.

Les ouvriers extraient les animaux de leur cage à l'aide d'un collet au bout d'une perche. Parfois, les animaux sont ainsi transbahutés, toujours suspendus par le cou. Les ouvriers les saisissent ensuite par les pattes arrière puis, en utilisant un bâton de bois ou en métal, les frappent à plusieurs reprises sur la tête. Une autre méthode consiste à frapper l'animal sur le sol, tête la première. Ces actes ont pour but d'étourdir les animaux. Ceux-ci luttent pour se défendre ou sont pris de convulsions, tandis que d'autres bougent à peine, gisant sur le sol. Plusieurs, bien qu'immobiles, sont encore vivants.

L'écorchage au couteau commence par le ventre, tandis que l'animal gît sur le dos ou est suspendu à un crochet, la tête en bas. Dans un cas, cela s'est produit juste à côté du camion qui contenait les carcasses, utilisées pour la consommation humaine. Ensuite, découpant le pelage des pattes arrière, les ouvriers retroussent la peau jusqu'à ce qu'elle se détache de la tête. Les animaux qui n'ont pas été complètement étourdis ou qui redeviennent conscients durant le dépiautage luttent désespérément, jusqu'à la fin. Même une fois que leur peau eût été totalement enlevée, nous avons constaté une respiration, des battements de coeur, des mouvements du corps et des paupières, et ce durant cinq à dix minutes. Nous avons pu observer qu'un nombre significatif d'animaux restent pleinement conscients durant tout le processus de dépiautage, se contorsionnant dans tous les sens. Les ouvriers utilisent alors le manche de leur couteau pour leur frapper la tête à plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'ils bougent un peu moins. D'autres ouvriers écrasent la tête ou le cou de l'animal pour l'étrangler ou le maintenir en place.

Guo Wanyi, vice-chef du comté de Suning, déclara le 8 avril 2005 dans le journal China Daily, publié en anglais et détenu par le gouvernement, que le gouvernement local avait interdit les pratiques cruelles d'abattage. Selon un règlement local voté à Cangzhou le 1er septembre 2003, les méthodes proposées pour tuer les renards sont : l'injection de drogues, l'injection d'air dans le cœur ou l'électrocution.

Observations confirmées par des journalistes chinois

Les terribles découvertes faites par les enquêteurs de la PSA et de East International ont été confirmées le 5 avril 2005 par des journalistes du Beijing News (un journal détenu conjointement par le Beijing Daily et par le South Daily, et tirant à 500 000 exemplaires). Dans un long article, ils décrivent ce qu'ils ont vu le 21 mars 2005 au marché de fourrures de Shangcun : Une fois tiré hors de sa cage, le chien viverrin alors en l'air, se recroqueville. Quelques femmes ayant la cinquantaine et portant des gourdins en bois se placent autour. Une femme en foulard s'empare alors de la queue de l'animal et les autres s'écartent d'un air maussade. La femme élève alors l'animal vers le haut puis, en formant un arc de cercle, le claque violemment par terre, ce qui crée un nuage de poussière. Le chien viverrin essaye de se relever, ses pattes grattant le sol. Le gourdin en bois de la femme s'abat alors sur son front. La femme prend l'animal et l'amène de l'autre côté de la route, le jetant sur une pile d'autres animaux. Un filet de sang s’écoule de son museau, mais ses yeux sont toujours ouverts et clignent, ses pattes bougent, il lève la tête puis s’effondre. À côté de lui se trouve un autre chien viverrin auquel on a coupé le bout des quatre pattes et qui continue à glapir. Après plus de 10 minutes, Qin Lao s'approche de l'animal avec un couteau. Son boulot est de dépiauter les animaux. Le chien viverrin est suspendu à un crochet placé à l'avant d'un tricycle à moteur, la tête en bas. La région des pattes arrière et de l'anus est d'abord entaillée au couteau. Un bruit de déchirure se fait entendre lorsque la peau des pattes arrière est totalement retroussée, alors que l'animal lutte désespérément pour se retourner, en poussant des cris. La peau est retroussée sur tout l'abdomen. Le corps de Qin Lao a beau être tendu comme un arc par l'effort, la fourrure récalcitrante reste attachée à la peau. Une femme s'approche alors pour l'aider. La fourrure est finalement totalement retirée du chien. Il est ensuite jeté à l'arrière du camion, de la vapeur s'échappant de son corps ensanglanté. Il essaye à nouveau de se redresser, lève la tête et regarde son corps. Sans cligner des yeux, il tente une dernière fois de tourner sa tête, puis s'écroule, inerte. « Dépiauter un animal mort ou vivant, c'est du pareil au même, mais c'est plus pratique et plus net de cette manière. Tout le monde a toujours fait ainsi. » explique Qin Lao.
Pour l’article complet, en anglais :

http://www.tierschutz.com/en/furtrade/beijing_news.pdf

 

 
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