Éditorial

La Protection Suisse des Animaux (PSA) a révélé dans un rapport la face cachée de l'industrie de la fourrure en Asie. Cette dernière est bien plus ignoble que ce que chacun de nous aurait pu imaginer.

Les photos et vidéos jointes au rapport sont d'une dureté inimaginable et ne pourront laisser indifférent n'importe quel être humain.

C'est pourquoi nous vous demandons votre aide pour mettre fin à cette industrie, plus que jamais tachée de sang, le plus rapidement possible.

Je vous invite également à aller tous signer le manifeste contre la fourrure de chiens et de chats lancé par l'AFIPA.

Le webmaster

 

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Un rapport sur l’industrie chinoise de la fourrure (suite)


Histoire des élevages d’animaux à fourrure en Chine

En Chine, la plupart des élevages d'animaux à fourrure se sont implantés durant les dix dernières années. Les espèces élevées comprennent le renard roux, le renard arctique, le chien viverrin, le vison et le lapin rex. Selon les sources de l'industrie de la fourrure chinoise, un nombre croissant de commerçants, de stylistes et de manufacturiers ont déplacé leur entreprise vers la Chine, la main-d'œuvre peu coûteuse et l'absence de lois sur le bien-être animal rendant la vie plus facile et les marges bénéficiaires plus importantes. Selon un éleveur coréen de renards, le Canada a essayé d'exploiter la main-d'œuvre chinoise peu coûteuse dès le début des années 1990 en y exportant 200 renards (rapport WSPA).

Beaucoup de fermes font face à des problèmes liés à la consanguinité, ce qui conduit à une lente détérioration de la qualité des fourrures. En 2004, des éleveurs finlandais exportèrent 5 000 renards vers la Chine. Beaucoup ne survécurent pas au voyage. Un propriétaire de ferme déclara que des entreprises similaires allaient également être créées dans la province de Hebei. D'autres projets prévoient la vente de sperme de renard bleu finlandais et l'apprentissage des techniques d'insémination artificielle.

L'expansion, ces dernières années, de la production de visons a été rendue possible grâce aux stocks de sperme acquis en Amérique du Nord et en Europe.

Les marchés de la fourrure et les centres d'affaires poussent comme des champignons, favorisant l'essor des sociétés impliquées dans la vente de fourrures, de peaux, de vêtements, de garnitures et de tous les produits et services qui gravitent autour. Dans la seule année 2000, l'un des principaux marchés de gros et de détail y vit l'échange de plus de 1 800 000 manteaux, 1 500 000 pièces de fourrure et deux millions de garnitures, représentant l'équivalent de 200 millions de dollars US, soit une petite fraction du volume total de ce secteur.

L'élevage commercial de renards débuta dès 1860 en Chine. Comme cette industrie commença à prendre de l'ampleur en Occident dans le milieu des années 1950, la Chine s'adapta. À partir de 1956, l'élevage de renards se répandit et s'intensifia, à tel point que chaque année, 200 000 renards étaient rajoutés dans les fermes d'élevage, jusqu'à atteindre un total d'un million de peaux produites par an. Dans les années 1980 et 1990, la Chine commença à s'ouvrir vers l'extérieur et son commerce de fourrure prit alors un essor considérable. À côté des fermes d'État traditionnelles, de nombreuses fermes privées et familiales virent le jour. Durant les années 1990, le secteur attira des investissements étrangers, ce qui fit naître encore plus de fermes. Aujourd'hui, les éleveurs chinois détiennent plus de 1,5 million de renards et plus ou moins l'équivalent de chiens viverrins (site web de l'IFTF, janvier 2005).

Le rapport de Sandy Parker estime que la production chinoise de visons avoisine les cinq millions et s'accroît rapidement (public. n° 17, 13 juin 2005).

Les principales régions d’élevage et leur étendue

Selon des sources provenant de l'industrie chinoise, les élevages de la province de Shangdong (nord-est) détiennent le plus grand nombre d'animaux avec plus de 500 000 renards. Juste après, viennent les provinces de Heilongjiang et de Jilin avec chacune plus de 300 000 renards, et ces chiffres ne cessent d'augmenter (information Internet Breeding Stocks, fév. 2002).

Possédant elle aussi des fermes d'animaux à fourrure, la province de Hebei fait office de plaque tournante pour les marchés de gros et au détail. Beaucoup d'animaux élevés dans la province de Shandong y sont transportés et vendus, avant d'être tués et dépouillés de leur fourrure.

Liou Shih (comté de Li), principalement avec son commerce de cuir de vache et de peaux de mouton, et Shangcun (comté de Suning), spécialisé dans la fourrure, y sont les plus gros marchés.

Au marché de Shangcun, 30 millions de peaux sont échangées chaque année, ce qui représente 60 % des échanges de fourrures chinois. Shangcun est surnommée « la capitale de la fourrure ». Le comté de Suning comptabilise en outre 152 fermes de grande taille, 65 villages spécialisés et 10 000 éleveurs, pour un total de 47 000 renards, visons et chiens viverrins. Selon le département de la Propagande du Parti, 50 000 des 300 000 habitants sont employés à des tâches relatives à la fourrure. La société Huachen espère produire plus de 80 000 pièces en 2005.

Les plus petites fermes d'animaux à fourrure sont souvent des affaires familiales. Les fermes de taille moyenne emploient de 10 à 15 travailleurs tandis que les plus grandes exploitations utilisent de 50 à plusieurs centaines de travailleurs. Détenant un nombre d'animaux allant de 1 000 à plus de 10 000, beaucoup de fermes bénéficient d'investissements étrangers. Une des plus grandes fermes détient 15 000 renards et 6 000 visons (site Chinese Alibaba, nov. 2004). Opérant comme une entreprise multifonctionnelle, elle comprend des bâtiments pour l'insémination artificielle, l'élevage, l'abattage, le traitement des peaux, le tannage et tout ce qui suit la production. Elle s'occupe également de l'exportation vers d'autres pays.

Dans la province de Hebei, de nombreuses fermes de renards ont établi leurs magasins aux abords des villes, comme à Tanshang, Laoting, Li, Bao Shu. La majorité de ces fermes sont tenues par des particuliers. Le nombre d'animaux y est généralement de moins de 100 à plusieurs centaines. La plus grande ferme de cette province détient plus de 20 000 animaux (site web China Consumer).

Les plus petites fermes s'occupent principalement de l'élevage et vendent ensuite leurs renards aux marchés de gros ou aux abattoirs. Les peaux sont ensuite acheminées aux négociants de fourrure et à ceux qui les traiteront.

De nombreuses fermes de la province de Hebei ont été visitées pour ce rapport. Quelques-unes détenaient principalement des renards, mais la majorité possédait également d'autres espèces telles que : visons, chiens viverrins et lapins rex.

Les espèces de renards communément détenues incluent : les renards bleus et blancs arctiques (Alopex lagopus) et les renards roux et argentés (Vulpes vulpes). Les éleveurs utilisent principalement l'insémination artificielle pour croiser le renard bleu et le renard argenté, car leurs périodes d'accouplement ne coïncident pas.

Les chiffres de l'industrie estiment que la Chine produit un million de peaux de vison et un million de peaux de renard chaque année, soit l'équivalent de 11 % de la production mondiale de visons et 27 % de celle des renards (IFTF, 2003 : http://www.efbanet.com/socio.php#2). Et ces chiffres sont sans aucun doute sous-estimés.

La «vie» dans les élevages

Selon l'International Fur Trade Federation (IFTF) : « l'élevage des animaux à fourrure est bien régulé et observe les plus hauts critères en matière de soins ». La Chine est membre de cette fédération.

Dans les fermes chinoises, les renards et les chiens viverrins vivent confinés dans des rangées de cages grillagées (mailles de 3,5 à 4 cm) mesurant environ 90 cm de largeur par 70 cm de profondeur et 60 cm de hauteur, bien que plusieurs soient plus petites encore. Les cages sont surélevées de 40 à 50 cm par rapport au sol, et ne contiennent aucun aménagement, aucun abri, aucun jouet, rien à mordiller, et dans beaucoup de cas aucun toit. Chaque cage contient un ou deux animaux. Les femelles reproductrices sont isolées durant la gestation et la mise bas en plaçant leurs cages dans un enclos protégé par des briques et ce, afin de réduire la mortalité des petits due aux infanticides ou à la négligence des mères.

L'accouplement a lieu de janvier à avril. La majorité des fermes utilise l'insémination artificielle pour croiser les renards bleus et argentés qui n'ont pas le même cycle. Les renards atteignent la maturité sexuelle vers 10 ou 11 mois. Les reproducteurs sont utilisés pendant cinq à sept ans. Les fermiers déclarent que les renardes ont des portées de 10 à 15 petits par an, entre mai et juin. Les renardeaux naissent donc au printemps et sont sevrés en trois mois. Selon les fermiers, le taux de survie des progénitures jusqu'au sevrage est de 50 %, ce qui équivaut à une moyenne de cinq à sept petits par portée. Les renards sont généralement abattus six mois plus tard, c’est-à-dire au moment où ils ont développé leur pelage d'hiver. La majorité des animaux seront vendus à la fin de l'année, tandis que certains seront gardés pour la reproduction

Les renards roux (Vulpes vulpes) pèsent de 5,2 à 5,9 kg et mesurent (de la tête au début de la queue) entre 66 et 68 cm. Les renards arctiques (Alopex lagopus) ont une taille variant entre 53 et 55 cm et un poids oscillant entre 3,1 et 3,8 kg. Les chiens viverrins (Nyctereutes procyonoides), une race de chiens ressemblant aux renards asiatiques, pèsent quant à eux entre 2,5 et 6,25 kg et ont une taille moyenne de 56,7 cm lorsqu'ils sont élevés au Japon. Les chiens viverrins finlandais ont pour leur part un poids variant entre 3,1 et 12,4 kg (Kauhala K & Saeki M., 2004).

Des comportements pathologiques démontrant des problèmes évidents de bien-être sont observés dans toutes les fermes : comportements stéréotypés, peur extrême, apathie, automutilations. Les fermiers rapportent aussi des problèmes liés à la reproduction et des infanticides, connus comme étant consécutifs à de mauvaises conditions de vie.

Pour sortir les renards des cages, les fermiers les attrapent avec des pinces métalliques pour leur bloquer le cou et les tirent par la queue. Deux sortes de pinces sont utilisées. Ensuite, l'animal est extirpé par les pattes arrière, la tête en bas.

La période d'élevage s'étend de juin à décembre. À partir du moment où les fermiers ont sélectionné les animaux qui serviront à la production de fourrure plutôt qu'à la reproduction, la qualité de leur fourrure devient leur seul souci. Avant que ces animaux ne soient prêts pour l'abattage, les éleveurs examinent attentivement la maturité et la qualité de leur pelage. Entre novembre et mars, les renards sont vendus, tués, dépiautés et leur fourrure est traitée.

 

 
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